Ce vendredi 17 juillet, la journée culturelle dans l'Allier nous aura dévoilé de belles surprises. Rendez-vous au château de Chareil-Cintrat, au pied d'une colline recouverte de vignes. Le site possède, sur ses terres, le Conservatoire des anciens cépages des pays de Chareil et de Saint-Pourçain. Adossés à l'ombre du château, nous sommes reçus par le vigneron de ce Conservatoire.
Spécialiste du domaine, il nous présente les trésors de ces vignes. Pour être classé AOC (Appellation d'origine contrôlée depuis 2009) les vins de Saint-Pourçain doivent provenir des cépages gamay, pinot noir, chardonnay, sauvignon et sacy ou « tressalier ». Mais, sur les coteaux de Chareil-Cintrat, le vigneron conservateur bichonne aussi les cépages anciens et autochtones tels le Saint Pierre doré, Meslier, Melon, Pinot blanc et autres... Chaque cépage a sa taille, sa culture spécifique, d'où la hauteur et l'espacement des pieds de vignes qui varient d'une parcelle à l'autre.
Nous sommes ensuite accueillis pour la visite du château. Chareil-Cintrat est un lieu historique insoupçonné. La partie la plus récente, édifiée au XVIe siècle contre l'enceinte médiévale, est due à Claude Morin, contrôleur ordinaire des guerres. La Renaissance italienne lui aura inspiré les décors intérieurs, d'un remarquable intérêt artistique.
Notre guide, d'une voix alerte et précise nous emporte d'une époque à l'autre : origine médiévale du château, fief des Bourbon, Renaissance italienne et française, Antiquité romaine...
Nous sommes devant une cheminée monumentale chargée de références et de symboles. La frise dorique est ornée de têtes de bœuf et de « coupes à boire ». Encadré par deux cariatides, le manteau de la cheminée arbore des masques et deux angelots joufflus grotesques autour de la citation « honor, virtus et gloria » (honneur, vertu et gloire).
Chareil-Cintrat est réputé pour ses voûtes couvertes de fresques qui sont autant de livres d'histoire illustrés. Protégées par des badigeons durant des décennies, ces fresques sont dans un état de conservation remarquable. La voûte d'une volée d'escalier nous offre trois oiseaux figurant les divinités romaines, la chouette, Minerve ; le paon, Junon et l'aigle, Jupiter. Objets, végétaux et être difforme ajoutent au décor.
Nous nous regroupons dans une tour d'angle, les yeux en l'air. La guide nous commente la scène
de la naissance d'Adonis. Myrrha, sa mère, ici mi-femme, mi-arbre accouche, assistée de la déesse Lucine. Univers mêlant Renaissance, art classique, architecture antique, style maniériste et décors de grotesques, chacun de nous est stupéfait par cette succession de fresques.
Dans une autre salle, Cupidon assoupi accompagne Mars et Vénus dans une scène galante.
Mars, dieu de la guerre est souvent représenté avec son casque. Le plafond environné de grotesques est dédié à l'astrologie. Autour d'Apollon, le soleil, chaque médaillon représente une planète associée à une divinité et à un signe astrologique.
Ceux qui accèdent aux combles de l'édifice s'émerveillent sous les imposantes charpentes restaurées avec des poutres d'origine datées du XVIe siècle. Là aussi, se poursuit l'exposition proposée dans toutes les salles du château par des artistes sculpteurs et plasticiens contemporains.



















































